Conservatoire des sites Alsaciens

Association foncière pour la conservation de la nature en Alsace

Le Cuivré des marais

Thersamolycaena disparThersamolycaena dispar (Haworth, 1803) = Lycaena dispar
Classe : Insecta
Ordre : Lepidoptera
Famille : Lycaenidae
Sous-famille : Lycaeninae

Description / identification 

Envergure (aile antérieure) : 15 -20 mm
La deuxième génération est plus petite.
La femelle est plus grande que le mâle

Dessus :

Mâle : Le dessus des ailes est orange cuivré vif, bordé de noir. Un fin trait discal noire est visible sur chaque aile. La bordure de l'aile postérieure est plus étroite et crénelée.
Sur le bord abdominal, elle est plus large et diffuse

Femelle : Le dessus des ailes est d'aspect bien plus sombre que le mâle. L'aile postérieure est brun sombre avec une large bande submarginale orange qui diffuse le long des nervures. L'aile antérieure est davantage orange avec deux tâches noires dans l'espace discoïdal et une série de points noirs (6) dans la zone postdiscale.

Dessous :

Similaire chez les deux sexes. Le dessous de l'aile antérieure est orangé avec trois points dans la cellule , une série de points cernés de blanc dans l'espace postdiscal et une marge grise. L'aile postérieure, caractéristique, est de couleur gris-bleu pâle avec des points noirs cernés de blanc et une série de grande tâches orange vif formant presque une bande dans l'espace submarginal.

Habitat :

Le Cuivré des marais fréquente des milieux ouverts et humides de plaine. On le rencontre dans les marais, les prairies humides, les prés à litière et également en bordure de ruisseaux et de fossés humides.

 

Patterns alaires de Thersamolycaena dispar

Patterns alaires de Thersamolycaena dispar

Confusions possibles

Dans les mêmes milieux, le Cuivré des marais peut être confondu avec :

  • Le Cuivré de la Verge d'or (Heodes viraugea) : ressemblant ; plus petit ; dessous des ailes postérieures verdâtre avec 3-4 tâches postdiscales blanches pupillées de noir ; abscence de bande submarginale orange.
  • Le Cuivré mauvin (Heodes alciphrons) : assez ressemblant ; dessus des ailes avec reflets violacés ; sur le dessous, présence d'une bande submarginale orange au niveau de l'aile postérieure mais la couleur de fond est grisâtre sans suffusion bleutée.

Caractères écologiques

Activités

Le cuivré des marais a un vol rapide et endurant. Ses capacités de vol lui permettent de couvrir de grandes distances (plusieurs km) pour explorer de nouveaux biotopes. Cantonnés, les mâles ont un comportement territorial sur un rayon d'environ 20 m autour d'un perchoir. Sur une station, l'espèce est rarement observée en grand nombre.

Plante hôte

Plusieurs espèces du genre Rumex peuvent accueillir les pontes du Cuivré des marais : Rumex aquaticus, R. obtusifolius, R. crispus, R. conglomeratus et occasionnellement R. hydrolapathum. Les oeufs sont déposés sur la surface supérieure des feuilles. En se développant, les chenilles les rongent en forme de fenêtre.

Période de vol

En Alsace, le Cuivré des marais est bivoltin (il y a deux générations par an). Les individus de la 2ème génération sont généralement plus petits, plus ternes et moins nombreux. La durée de vie moyenne de l'imago est de 8 à 10 jours.

Périodes de vol de Thersamolycaena dispar

 

Répartition

Espèce paléarctique, l'aire de répartition du Cuivré des marais est morcelée depuis la France à l'est de l'Asie. Les populations fraçaises connaissent des effectifs faibles et sont souvent isolées génétiquement. Trois sous-espèces peuvent être distinguées :

  • Thersamolycaena dispar rutilus (Werneburg, 1913) en Alsace et dans les Vosges.
  • T. dispar burdigalensis (Lucas, 1913) dans la région bordelaise
  • T. dispar carueli (Le Moult, 1945) du centre au Nord-Est (Meuse, Aisne, Marne, Somme, Loire, Isère, Rhône).

Grâce à ses capacités de dispertion, le Cuivré des marais est une espèce qui souffre moins de l'isolement des populations à la différence d'autres espèces menacées des zones humides.

Statuts de protection

Espèce protégée au niveau national par l'arrêté du 22 juillet 1993 fixant la liste des insectes protégés sur le territoire national (J.O. du 24 Septembre 1993)

Espèce figurant aux annexes II et IV de la Directive Habitats (Directive 97/62/CEE du Conseil du 27 octobre 1997 portant adaptation au progrès technique et scientifique de la Directive 92/43/CEE concernant la conservation des habitats naturels ainsi que la faune et de la flore sauvages). Annexe 2 : Espèces animales et végétales d'intérêt communautaire dont la conservation nécessite la désignation de zones spéciales de conservation

Espèce inscrite à l'annexe II de la Convention de Berne, avec une priorité pour l'élaboration de plans d'actions nationaux.

Mesures de gestion

La situation des populations françaises semble assez mal connue. Si certains auteurs estiment que l'espèce est en voie d'extension, d'autres ont un avis plus réservé. Néanmoins, l'espèce possède la capacité de coloniser assez rapidement de nouveaux habitats. Les principales menaces qui pèsent sur les populations sont la reduction des milieux favorables par abandon, reconversion ou assèchement et la disparition des corridors de communication. Des mesures de gestion bénéfiques à l'espèce visent favoriser les micro-populations des bords de fossé par une fauche tardive, à définir des zones de fauche hivernale sur les prairies humides et à mettre en place un suivi sur les sites de présence.

 

Bibliographie

Guides d'identification

LAFRANCHIS T. (2000). Les papillons de jour de France, Belgique et du Luxembourg et leurs chenilles. Collection Parthénope. BIOTOPE, Mèze, France. 448 p.

CHINERY M. & CUISIN M. (1994). Les papillons d'Europe. Delachaux et Niestlé SA, Lausanne, Paris. 320 p.

TOLMANN T. & LEWINGTON R. (1999). Guide des papillons d'Europe et d'Afrique du nord. Delachaux et Niestlé SA, Lausanne, Paris, Lausanne. 320 p.

Documents scientifiques

LHONORE J. (1998). Biologie, écologie et répartition de quatres espèces de Lépidoptères Rhophalocères protégés (Lycaenidae, Satyridae) dans l'ouest de la France. Editions OPIE. Rapports d'études de l'OPIE, Vol. 2, 108 p.

BRAUD Y. (1998). Un exemple de suivi scientifique de la faune : le suivi des lépidoptères protégés de zones humides en Rhône-Alpes. Document CREN Rhône-Alpes, 86 p.

Muséum national d’histoire naturelle (2002). Cahiers d'habitats et d'espèces NATURA 2000. Connaissance et gestion des habitats et des espèces d’intérêt communautaire. Tome 7 Espèces animales. La documentation française.

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